Cdiscount lance The Warehouse, un incubateur de startups


Résultat de recherche d'images pour "cdiscount 33"
Le leader français du e-commerce, basé à Bordeaux, sélectionne actuellement des startups dans le cadre de son programme Test & Go. Les lauréates bénéficieront d’un accompagnement et d’un entrepôt recréé sur 300 m2 pour développer, gratuitement, leurs projets autour de la supply chain pendant six mois. A l’issue de ce programme, Cdiscount n’exclut pas de prendre des parts dans les jeunes pousses les plus prometteuses. Directeur des opérations de Cdiscount, Pierre-Yves Escarpit dévoile sa stratégie à La Tribune.

Comment la politique d’innovation de Cdiscount s’articule-t-elle avec les startups ?

Pierre-Yves Escarpit : « Depuis bientôt deux ans, Cdiscount a créé une direction de l’innovation. Cette dernière a fait naître des entités dédiées à l’innovation dans chacun de nos grands pôles métiers. Cela a été le cas pour la branche supply chain en janvier 2016. Notre politique repose sur trois niveaux.
Premier niveau : de la co-innovation avec des entreprises déjà largement développées. Nous le faisons par exemple avec la SNCF et Chronopost en profitant de la nouvelle ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Paris pour expérimenter la livraison le jour même de la commande dans Paris et certaines villes de la petite couronne, et bientôt dans toute la petite couronne et une partie de la grande couronne.
Deuxième niveau, nous identifions, rencontrons et analysons des startups dont l’activité est liée à la nôtre, plus d’une centaine à ce jour, et nous travaillons avec certaines.
Troisième niveau, nous allons sur une approche plus expérimentale, nous travaillons par exemple avec deux laboratoires dans le cadre de thèses, autour de la robotique et de la donnée. Dans notre accompagnement des startups, Notre idée est d’aller le plus possible vers des cas concrets. A l’échelle de Cdiscount cette fois, plus de 400 startups ont été sourcées et plus d’une trentaine de POC (proof of concept, période expérimentale de démonstration de faisabilité, NDLR) ont été initiées. Douze ont été lancée autour de la supply chain et la moitié est en production. »

 

Quel est l’objectif de The Warehouse ?

« En matière de supply chain, nous conduisons notamment une réflexion autour de la robotisation dans le cadre de la préparation des petits produits, cette dernière étant en hausse importante en lien avec notre offre « fulfilment » qui propose aux e-commerçants de notre marketplace nos services logistiques. Les enjeux sont de densifier le stockage des produits, de les sortir plus vite… Des robots sont par exemple en test actuellement : ils grimpent aux racks et amènent directement les produits au préparateur de commande. Nous avons observé que nous pourrions faire grandir plus vite les startups avec qui nous travaillons si nous pouvions les intégrer dans notre écosystème. C’est l’objectif de l’incubateur The Warehouse. Nous avons pris récemment un site de 10.000 m2 à Canéjan, près de Bordeaux. Nous y reconstituons notamment un entrepôt sur 300 m2 avec des lignes d’emballages, racks, étagères et l’ensemble des postes de travail, ainsi que des bureaux sur 200 m2. Les startups sélectionnées dans le cadre de notre programme d’incubation Test & Go pourront développer et tester leurs solutions autour des processus de la supply chain, que ce soit des applications logicielles, robotiques ou d’intelligence artificielle. »

Concrètement, quelle sera l’offre de cet incubateur ?

« Pendant six mois, les startups sélectionnées auront un accès total aux locaux de The Warehouse. Les bureaux et l’entrepôt reconstitué seront mis à leur disposition gratuitement. Des experts métiers supply chain de Cdiscount et des partenaires les accompagneront, toujours gratuitement, sur plusieurs plans : retours opérationnels, stratégies de développement, business models, organisations… »

5 startups seront choisies

A quel type de startups s’adresse The Warehouse ?

« Nous recherchons des jeunes pousses innovantes dans le secteur de la supply chain, qui permettent par exemple de réduire les facteurs de pénibilité associés au port de charge, au déplacement des produits, d’améliorer le process de livraison, à la prévision des ventes et donc de l’activité de l’entrepôt… Rien n’est figé. De même, le degré de maturité importe peu mais l’idée est qu’au bout de 6 mois, chaque startup soit en capacité de mettre en place un POC. L’appel à projets est en cours et s’achèvera le 15 septembre. Nous avons reçu une vingtaine de candidatures officielles, une dizaine d’autres sont dans les tuyaux. Et un tiers viennent de Nouvelle-Aquitaine ! Nous prévoyons de retenir 5 startups pour ce programme. »

Que se passera-t-il au bout de ces 6 mois ?

« Les projets les plus intéressants aboutiront à la mise en place d’un POC. Sur une carte de visite, la mise en place d’un POC avec le leader français du e-commerce est toujours intéressante. Pour les projets les plus concluants et prometteurs, on peut ensuite imaginer des accords commerciaux, des prises de participation minoritaire ou majoritaire… On avisera au cas par cas, mais rien ne sera imposé. »

Cette initiative est-elle réplicable pour les autres métiers de Cdiscount ?

« Nous réfléchissons effectivement à créer des incubateurs et laboratoires spécifiques à nos différents métiers. On pourrait ainsi imaginer le faire autour de la data science et de l’intelligence artificielle. Nous avons en interne une vingtaine de data scientists et l’effectif va être rapidement doublé. L’écosystème de partenaires régionaux est fort. The Warehouse est sans doute la première pierre. »