Air Marine à Saucats recrute 39 salariés d’ici à 2020


Un drone d’Air Marine juste avant le décollage d’inspection de panneaux photovoltaïques. (Crédits : Air Marine) 

Agée de plus de 25 ans, Air Marine passe en mode startup innovante pour s’accrocher sur son marché où une guerre technologique fait désormais rage avec les drones. Air Marine annonce négocier le rachat de la startup lorraine Alerion.
La PME Air Marine à Saucats (Gironde), où se trouve un aérodrome, qui est cotée en bourse et spécialisée dans la surveillance de sites industriels comme les pipelines par avions et drones, annonce le lancement d’une augmentation de capital de 250.000€ via une émission de minibons (version modernisée des bons de caisse) dans le cadre d’une opération de financement participatif confiée à  la plateforme bordelaise Happy Capital.

Air Marine, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 2,1 M€ en 2016 pour un résultat net de 291.835€ emploie 32 salariés et mène une vigoureuse politique d’investissement en recherche et développement.
Air Marine prévoit de recruter 18 salariés de plus cette année, 15 de plus en 2019 et encore 10 de plus en 2020, année où son chiffre d’affaires devrait atteindre 10 M€ avec un résultat net de +1,2 M€

Des résultats financiers qui sont encore un peu lointains pour la PME. Présidée par Gilles Olichon, qui l’a fondée en 1991, la société développe aujourd’hui plusieurs programmes innovants : Airmon (surveillance des réseaux), Wadi (détection des fuites d’eau sur aqueduc), Viewair (exploitation des données) et Pelican, livraison de colis par drone (un projet auquel est notamment associé Cdiscount) qui doivent lui permettre de faire la différence.

Des pertes jusqu’en 2019 avant de remonter la pente

Air Marine a bouclé en décembre dernier une levée de fonds de 584.000 € en placement privé.Une opération parfaitement réussie, tout comme son entrée sur le marché boursier Euronext Access (l’ex-Marché libre). La direction de l’entreprise a néanmoins prévenu que le montant de ses investissements en recherche et développement aurait des conséquences sur les exercices 2017 et 2018, avec des pertes prévisionnelles de 472.149 € au titre de l’exercice 2017, pour un chiffre d’affaires de 2,4 M€ et de 774.686 € en 2018, pour un CA de 3 M€. Sachant que la société, dont la valeur est évalue par les capitaux risqueurs autour de 4,7 M€  devrait redevenir bénéficiaire en 2019, à auteur de 92.000 €
Un paysage de montagnes russes qui n’a pas du tout rassuré les banquiers. Les 250.000 € qu’entend lever Air Marine doivent ainsi faire la soudure avec la mise en place d’une « solution de financement plus globale ».

Face à  une concurrence qui monte en puissance dans l’usage professionnel des drones, Air Marine fait ainsi le choix d’une politique plutôt agressive afin d’avoir une longueur technologique d’avance. C’est ainsi que l’entreprise girondine a annoncé fin janvier être en négociation avancée pour prendre le contrôle d’Alerion, une start-up à l’avant-garde de la technologie en matière de drones.
Pour Air Marine, ce rapprochement va permettre de renforcer ses compétences en R&D, apporter une sensibilité et une compétence managériales nouvelles, et associer son image à celle déjà reconnue d’Alerion. Pour Alerion cette fusion va lui permettre de renforcer ses activités (projets de développement d’une part et déploiement en Nouvelle-Aquitaine de son réseau d’excellence scientifique d’autre part), de se doter de nouvelles compétences en R&D, de favoriser l’émulation positive de la nouvelle équipe créée, de bénéficier de la notoriété d’Air Marine, et ainsi devenir un leader de la filière drone », déroule la direction de la PME de Saucats.

 

Alerion, une startup très proche de l’Inria (Institut National de Recherche dédiée au Numérique)

Co-fondée et présidée par Anne-Sophie Didelot, docteur en sciences des matériaux, la startup Alerion, située à Villers-les-Nancy (Meurthe-et-Moselle), en Lorraine, ne fabrique pas des drones mais des applications. Dans une interview accordée en novembre 2017 à  la lettre d’information Inria (Institut national de la recherche en informatique et en automatique) Lumni, Anne-Sophie Didelot en dit plus sur Alerion dont la création doit beaucoup Ãà Laurent Ciarletta, enseignant chercheur dans l’équipe Madynes, commune à l’Inria Nancy et au Loria (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications).
Alerion, qui élabore des « briques cyber-physiques fonctionnelles », soit des composants où s’imbriquent logiciel et matériel, coopère étroitement avec Madynes « sur la sûreté, la sécurisation des protocoles de communication et la gestion des réseaux de capteurs », souligne Anne-Sophie Didelot.
Elle est également impliquée dans de grands projets européens avec Thales, la RAI (Italie) et Deutsche Welle (Allemagne), ainsi que Enedis pour une solution de traitement automatisé des visites de lignes électriques aériennes.

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