9 vérités à connaître sur le recrutement des cadres en 2018


Pas de révolution dans les méthodes des recruteurs. Mais si les offres restent leur outil préféré, selon la toute récente étude Apec, les réseaux sociaux font un bond de 13 points en un an et l’efficacité des candidatures spontanées ne fait pas l’unanimité.

 

1) Les annonces restent l’outil préféré des recruteurs

C’est un retour aux fondamentaux. Presque 9 postes à pourvoir sur 10 (88 %) ont fait l’objet d’une offre d’emploi l’an passé, selon la dernière étude Apec Sourcing*. Les annonces restent le 1er canal de recrutement des cadres, même dans l’IT réputé pour recruter souvent par d’autres voies. Consulter les offres est donc loin d’être une perte de temps, même s’il ne faut pas se focaliser sur ce seul canal : les recruteurs utilisent en moyenne 5 outils différents pour parvenir à leur fin (réseaux sociaux, réseau, candidature spontanée, etc). Une diversité déjà d’actualité l’an passé.

L’annonce règne donc toujours, même si cette méthode faiblit. Son efficacité a chuté de 4 points, passant de 58 % à 54 % en un an. Une baisse constatée sur l’ensemble des outils utilisés.

 

2) Des réseaux sociaux de plus en plus utilisés mais leur efficacité ne décolle pas

C’est une augmentation spectaculaire : la moitié des recruteurs (49 %) utilisent les réseaux sociaux comme source de talents.  Ils étaient 36 % en 2016 et seulement 12 % en 2008. Une hausse qui n’étonne pas Pierre Lamblin, le directeur général de l’Apec pour qui « c’était prévisible. Aujourd’hui ils font partie du paysage et sont complémentaires aux autres canaux. Mais ils représentent finalement une part assez faible des recrutements finalisés ». Mais dans ce cas, qu’est ce qui peut bien attirer les 70 % de recruteurs qui se bousculent sur ces réseaux ? L’espoir d’attirer directement les candidats en y diffusant leurs offres d’emploi. Une utilisation qui progresse cette année de façon spectaculaire et gagne 18 points.

Mais paradoxalement, le score de ces outils est en baisse de 2 %, puisqu’ils ne permettent que 16 % des embauches. Ce qui relègue les réseaux sociaux à la 5eplace des moyens les plus efficaces pour recruter.

3) Seules 11 % des candidatures spontanées débouchent sur une embauche

C’est un vieux chouchou du recrutement. Et pourtant. Les candidatures spontanées sont encore et toujours le deuxième moyen le plus utilisé pour embaucher après la petite annonce. Et 61 % des recruteurs les lisent. Sauf que 11 % d’entre elles seulement débouchent sur un recrutement. A quoi bon persister ? Pierre Lamblin déconseille d’abandonner cette pratique. « Surtout pas ! Certains secteurs les utilisent plus que d’autres. Mais quelle que soit la branche, il ne faut se couper d’aucune chance puisque les recruteurs utilisent plusieurs canaux pour repérer les bons candidats ».

4) Un tiers des entreprises passe par un cabinet extérieur

Cette année encore, pas question de snober les cabinets de recrutement. Car 27 % des entreprises font appel à ces intermédiaires, et leur influence augmente (+3 points). Ils sont mandatés pour rechercher directement des candidats, publier des offres ou réaliser un premier tri avant de faire passer des entretiens. Faute de troupes suffisantes en interne, ce sont les plus petites entreprises qui font le plus souvent appel à ces cabinets (28 % des entreprises de moins de 100 salariés contre 22 % pour celles de plus de 1 000 salariés). Ces officines externes peuvent également compter sur certains secteurs qui fourmillent de grosses boites et qui recourent plus fortement à leurs talents comme la mécanique-métallurgie (57 %) ou l’industrie auto (51 %). A l’inverse d’autres les boudent, comme l’ingénierie (15 %) et les activités informatiques (15 %).

5) 60 % des entreprises pré-sélectionnent par téléphone

C’est un rituel auquel les candidats échappent de moins en moins et qui gagne des points chaque année, pour en engranger 8 de plus en 2018. Cette hausse des coups de fil s’explique par l’utilisation plus grande des réseaux sociaux comme moyen de sourcing. Le recruteur doit appeler le candidat pour savoir s’il l’est vraiment, puisque cette info figure rarement sur son profil. Et même si ce dernier est en recherche active et le fait savoir, 38 % des entreprises appellent le postulant pour vérifier son intérêt pour le poste, sa disponibilité, ou ses prétentions salariales. Et 22 % des recruteurs font passer de vrais entretiens d’embauche téléphoniques.

6) 11 % réalisent des entretiens à distance par visioconférence

C’est un chiffre aussi stable que faible, même s’il progresse dans les petites entreprises et même s’il est fort pratique pour les candidats qui évitent ainsi de se déplacer. Parmi les entreprises ayant utilisé cet outil, 23 % y ont eu recours uniquement pendant la phase de présélection. Les plus friandes de Skype et autres systèmes sont évidemment les plus excentrées par rapport aux grand centres urbains comme l’industrie agroalimentaire (18 %), mais aussi, peut-être par goût des technologies, les entreprises de l’ingénierie-R&D (24 %).

7) Un tiers des recrutements incluent un test

Dans 31 % des recrutements, les candidats ont passé des tests de langues, psychotechniques, de personnalité voire des mises en situation professionnelle. Un chiffre encore plus impressionnant lorsque l’entreprise en passe par un intermédiaire où cette pratique grimpe à 47 %. Si près de la moitié des cabinets de recrutement ou d’intérim en sont friands, c’est tout simplement parce qu’ils sont souvent mieux équipés pour en faire passer que leurs entreprises clientes. Ces tests sont plus fréquents dans les fonctions de l’informatique et du commercial-marketing (plus de 37 %) que dans celles de la santé, du social et de la culture (14 %), dont les compétences sont plus difficiles à évaluer par ce biais.

8) Les diplômes et référence sont vérifiés dans 87 % des recrutements

Il est vain de vouloir tricher. Dans une très grande majorité des cas (87 %), les diplômes des candidats sont vérifiés et/ou leurs références contrôlées. Lors d’un recrutement en direct, le contrôle intervient dans 53 % des cas. En revanche, si le recrutement passe par le biais d’un intermédiaire, les chances d’être contrôlé s’élèvent à 76 %.

9) Dans 37 % des embauches, le candidat embauché est déjà connu de l’entreprise

L’Apec l’appelle pudiquement le « poids de l’entourage ». Il s’agit bien évidemment du réseau qui, année après année reste toujours déterminant, même si le marché de l’emploi cadre est de plus en plus transparent (88% des recrutements font l’objet d’une offre). Cette persistance rarement mise en avant figure discrètement en page 28 du rapport d’étude. L’association note que dans 37 % des recrutements, le candidat embauché était déjà connu d’une personne de l’entreprise. Parce qu’il y a effectué un stage, ou qu’il y a travaillé en alternance, et qu’il « a laissé une trace ». Mais aussi parce qu’il qu’il a été recommandé par une personne extérieure à l’entreprise. « Embaucher un cadre connu ou recommandé, donc dit « de confiance », permet non seulement de réduire les phases de sélection, parfois chronophages et onéreuses, mais aussi de limiter les risques d’incompatibilité avec l’entreprise et le poste en lui-même », explique l’Apec.

Au-delà du copinage, cette pratique résulte souvent d’un manque de moyens, puisqu’elle est plus souvent en vigueur dans les PME (43 %) que dans les grandes entreprises (32 %).

Cette situation profite surtout aux candidats âgés de plus de 50 ans qui ont, logiquement, un plus large réseau pro : plus de 50 % des seniors recrutés l’ont été par ce biais contre 30% des moins de 30 ans.

Conclusion : 2018, l’année du « en même temps »

Pour décrocher un poste cette année, il est donc conseillé de répondre aux offres d’emploi publiées sur les sites et sur les réseaux sociaux mais pas seulement. Il faut également soigner son réseau et candidater spontanément, en même temps.