Quelques tendances pour les futurs créateurs d’entreprise


Nul n’est capable de dire dans quel secteur, à quel moment et pourquoi il faudra créer son entreprise dans les années qui viennent. Mais des tendances assez fortes se font jour, la plus nette étant, évidemment, celle liée aux nouveaux modes de consommation.

L’artisanat. Le consommateur et ses exigences impulsent de plus en plus la nature et le rythme des petites entreprises créés par des startuppeurs ou des micro-entrepreneurs. Denis Pennel analyse le phénomène en parlant d’une explosion probable d’un nouvel artisanat de masse : « il suffit d’aller sur un site de vente en ligne pour avoir accès à des milliers d’offres et services. Ce que réclament les gens, désormais, c’est plus de produits personnalisés et délivrés à la demande… Les plateformes ont démocratisé l’accès au client… Avec des sites comme Etsy ou Uber, chacun peut créer sa petite entreprise et devenir indépendant » (1). Il est ainsi probable que l’on assiste à un retour de « l’artisanat de masse », avec des petits producteurs agricoles ou des créateurs indépendants. Un petit artisan a, potentiellement, le monde entier comme clientèle.

Le marketing. Le marketing est vraisemblablement le secteur où se créent le plus de start-up aujourd’hui. L’intelligence artificielle ne va qu’augmenter ces créations tant les marques comme les grands distributeurs ont besoin de cerner les attentes toujours plus mouvantes des consommateurs et doivent trouver constamment de nouveaux outils. C’est ce que les gens du marketing appellent l’expérience utilisateur et là, les possibilités sont assez infinies. Dans l’e-commerce, les technologies d’analyse prédictive et d’hyperpersonnalisation ont aussi un grand potentiel.

La ville. Intelligente ou pas, la ville, sa production comme son fonctionnement, sont l’enjeu majeur du siècle en cours : en 2050, 70% des humains vivront en ville. Deux enjeux essentiels pour les créateurs d’entreprise : les services et l’alimentation. Les services sont d’abord liés aux questions de la mobilité, qui va devoir être de plus en plus douce, de plus en plus durable. Par exemple, le covoiturage urbain s’imposera peut-être enfin dans les métropoles. Un exemple avec « des jeunes pousses comme Less, Karos , Klaxit ou Citygoo qui se battent pour occuper ce créneau d’avenir » (2). Un autre exemple avec le nombre considérable de start-up présentes au Salon mondial des technologies du transports (3) ou au Salon de la mobilité urbaine (4) à Paris.

Globalement tous les services au citadin vont se développer. D’abord dans la mobilité, les transports, la livraison. Et ensuite, en liaison avec les nouvelles attentes des consommateurs dans l’alimentation : une start-up comme Agricool connaît ainsi un grand succès pour cultiver en zone urbaine des produits bio et les faire livrer par des modes de transport propres. Le retour voulu par les urbains à la vie de quartier et au bio est une opportunité forte pour la création d’entreprise. Un événement sur les thématiques liées aux nouveaux usages sur toute la chaîne de valeur de l’alimentation, de la production à la consommation, en passant par la transformation et la distribution vient d’ailleurs d’en faire le tour (https://foodusetech.fr/).

La création. C’est le domaine des freelances et il est en constante progression. Ils sont actuellement 830 000 en France et leur nombre a plus que doublé en 10 ans. Malt (une plateforme de services pour les freelances) et OuiShare viennent d’en interroger 1400 (3) : 88% d’entre eux affirment qu’ils ont choisi leur statut, qu’il ne leur a pas été imposé et qu’ils ne souhaitent pas retourner au salariat. Ils se développent de plus en plus dans le graphisme, le design et la photographie (36%), dans la rédaction ou la traduction (21%) et chez les développeurs ou data-scientists (20%). Un sur deux habite à Paris ou en région parisienne et les trois quarts travaillent chez eux. Et alors que l’insatisfaction des salariés français va croissante, « le taux de satisfaction dans l’exercice de travailleur indépendant reste très élevé, selon Robin Rivaton, illustrant que les rétributions symboliques associées à ce statut viennent plus que compenser les désillusions matérielles, complexités administratives ou rémunérations plus erratiques et plus faibles ».