Quand la blockchain s’empare du recrutement


La blockchain pourrait révolutionner à terme l’organisation des entreprises et en particulier le recrutement, en favorisant la traçabilité des informations fournies par les candidats.

Le recrutement devrait être le premier aspect de la vie professionnelle à être transformé par la blockchain. Cette technologie de rupture a déjà fait ses preuves dans la finance, avec le bitcoin notamment. À première vue, difficile de faire le lien avec le monde du travail ! Et pourtant, elle devrait, dans un futur proche, bousculer les entreprises et leur fonctionnement RH. Selon Stéphane Diebold, docteur es économie, spécialiste de la prospection : « la blockchain interroge le propre même des entreprises françaises, très tournées autour du secret. Les modèles vont être bouleversés pour laisser place à plus de collaboratif et une décentralisation des centres de décision ».

La blockchain est un système décentralisé dans lequel des données sont stockées sur un nombre indéterminé de serveurs capables de surveiller et d’authentifier en temps réel des modifications apportées aux informations. Elle repose sur un réseau administré de manière collective où il est impossible d’effacer les données. Le dispositif s’appuie sur la cryptographie pour permettre de sécuriser les transactions de données, sans passer par un intermédiaire de confiance.

La blockchain permettrait d’éclairer les candidats, qui sont plus de 60% à se renseigner sur Internet ou sur le site carrière de l’entreprise avant de postuler.

La confiance facilite le recrutement

Le recrutement repose sur un besoin réciproque de confiance entre employeur et candidat. Or, en garantissant la validité des informations apportées d’un côté comme de l’autre, la blockchain consolide cette confiance et facilite le recrutement. La mise à disposition de données de l’entreprise validées par la blockchain constituerait un atout considérable pour la marque employeur. Elle permettrait d’éclairer les candidats, qui sont plus de 60% à se renseigner sur Internet ou sur le site carrière de l’entreprise avant de postuler, selon LinkedIn. Côté employeur, la blockchain automatiserait de nombreuses tâches de saisie, de contrôle, de validation, d’enregistrement.

Elle soulagerait le travail des RH, surtout dans la tâche la plus chronophage : la vérification des informations contenues dans les candidatures. La blockchain faciliterait également la traçabilité des informations contenues dans un CV telle que l’obtention d’un diplôme, par exemple. Cette transparence totale garantirait une meilleure adéquation entre les candidats et les postes et stimulerait de fait la productivité des entreprises, notamment des PME qui peinent à trouver les bons profils.

Une gestion des carrières simplifiée

Elle permettrait aussi un suivi de carrière simplifié pour les responsables RH. En utilisant un système de blockchain interne, ils pourraient disposer d’une authentification collective des compétences, mieux détecter les besoins de formation et certifier les nouvelles compétences acquises. En plus des diplômes, la blockchain pourrait ainsi permettre de consigner compétences et performances. Chaque collaborateur disposerait ainsi d’un dossier numérique dans lequel seraient inscrits tous ses accomplissements professionnels. « Les individus pourraient ainsi faire valoir leurs formations, leurs compétences et leurs performances à leur juste valeur sur le marché du travail », peut-on lire dans un rapport de PwC.

Le suivi de carrière serait également plus aisé pour les responsables RH qui pourraient même utiliser des systèmes de matching basés sur l’intelligence artificielle, permettant de placer les candidats sur les postes pour lesquels ils sont les plus pertinents, et donc les plus épanouis et efficaces. « Avec la blockchain, nous sommes face à une invention dotée d’un vrai potentiel technologique, explique Stéphane Diebold. Il reste à la socialiser, à inventer la pédagogie et l’animation qui vont avec ».

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