Marché du travail : Bordeaux encore à la traîne face aux autres métropoles ?


La mobilité automobile et les infrastructures de transport pénalisent l'attractivité du marché de l'emploi bordelais.

Bordeaux serait la 6e métropole française la plus attractive, selon le classement publié par RegionsJob, ParisJob et Hays. Si la capitale girondine se distingue sur la qualité de vie (2e), elle pâtit lourdement du coût de la vie (7e), renchéri par la flambée immobilière, et surtout de la qualité de ses infrastructures de transport (8e) et de la perception de son marché du travail (8e).

Lyon, Nantes et Toulouse : voici le podium des métropoles les plus attractives en 2018, selon le classement des treize plus grandes villes françaises, élaboré par les plateformes d’emploi RégionsJob et ParisJob avec l’aide du cabinet de recrutement Hays à partir d’un questionnaire sur internet (*). Ce trio de tête est suivi par Rennes, Strasbourg puis, enfin, Bordeaux (6e). Paris se positionne en 9e position. Un classement qui n’a bien entendu pas valeur de parole d’évangile mais qui pointe en creux les faiblesses actuelles, et qui deviennent persistantes, de l’agglomération bordelaise.

Dans le détail, Bordeaux se hisse à la 2e place en termes de qualité de vie générale, derrière Rennes et devant Nantes, reflétant, selon les auteurs du baromètre, ses atouts notamment en matière de sécurité des biens et des personnes et de qualité de l’environnement. Dans le domaine de l’offre culturelle et de loisirs, la capitale girondine est classée 5e.

RegionsJob

En revanche, les résultats sont nettement moins bons pour les autres critères. Bordeaux n’est que 7e pour ce qui est du coût de la vie, pénalisée par la flambée des prix immobiliers survenue depuis 2015. Bien que ces derniers semblent désormais se stabiliser, ils restent à très haut niveau et 74 % des sondés bordelais pointent ainsi le coût et la qualité des logements comme une faiblesse.

Marché du travail et mobilités

L’autre point noir est le marché du travail local. Bordeaux ne termine en effet qu’en 8e position malgré les 11.000 créations nettes d’emplois enregistrées en 2017 et l’arrivée régulière d’entreprises, notamment dans le domaine hyper-concurrentiel des services numériques. Sur ce critère de la perception du bassin d’emploi, le podium est composé de Lyon devant Nantes et Paris. Un classement en phase avec le baromètre emploi du 1er semestre 2018 publié par RégionsJob qui place les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Ile-de-France dans le top 5 des régions les plus dynamiques pour la croissance du volume d’offres d’emploi.

Enfin, la qualité des infrastructures de transport et les condition de circulation sont également citées comme des obstacles à l’attractivité bordelaise par 62 % des Bordelais répondants, si bien que l’agglomération ne dépasse pas le 8e rang. La saturation de la rocade et du réseau de tramway et les infrastructures cyclables encore balbutiantes jouent ici à plein.

Et en termes de ressenti global, 85 % des sondés bordelais recommandent néanmoins leur ville à une personne cherchant à déménager, soit la 5e métropole la plus conseillée par ses habitants.

(*) Classement établi à partir d’une enquête menée du 18/09/2018 au 25/10/2018 auprès de 2.710 internautes actifs habitant dans les treize métropoles ciblées. Cinq indicateurs sont retenus : « qualité de vie générale », « marché du travail », « coût de la vie », « loisirs », « culture et environnement » et « qualité des infrastructures ».