Emploi des cadres : la Nouvelle-Aquitaine devrait sur-performer en 2019


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Entre 13.830 et 14.990 cadres devraient être recrutés en 2019 en Nouvelle-Aquitaine selon l’enquête annuelle de l’Apec. Soit la fourchette de prévisions la plus élevée de France !

Chaque année, l’Apec (Association paritaire pour l’emploi des cadres) publie son enquête nationale sur les recrutements de cadres. Au plan néo-aquitain, 931 entreprises du secteur privé ont été interrogées, employant 80.800 salariés dont 10.100 cadres.

Avant même de parler des perspectives, plutôt radieuses pour 2019, cette enquête est l’occasion de faire le point sur les embauches menées dans la région lors de l’année précédente. En 2018, le nombre de recrutements externes de cadres en Nouvelle-Aquitaine atteint les 13.170 unités, après 11.880 en 2017 et 9.940 en 2016. La hausse se confirme donc, et le volume d’embauches effectuées en 2018 atteint quasiment la prévision la plus optimiste établie par l’Apec un an auparavant. Cette augmentation de 11 % sur un an est strictement identique à la tendance française (266.400 recrutements externes enregistré).

Si l’on regarde de plus près, on observe que si l’on additionne aux 13.170 embauches externes en Nouvelle-Aquitaine les 4.070 promotions internes de non-cadres au statut de cadre, et que l’on retranche à cette somme les 12.860 sorties (démissions, licenciements, départ à la retraite…), on obtient un solde positif de 4.380 nouveaux postes cadres créés en 2018. Danielle Sancier, déléguée régionale de l’Apec Nouvelle-Aquitaine, relève que « l’évolution du nombre de promotions de non cadres dans la région reste assez faible, à hauteur de + 4 % contre + 11 % au niveau national. Un des principaux facteurs est la taille des acteurs du tissu régional, principalement des PME et PMI, où les possibilités de progression sont moins fortes qu’au sein d’entreprises plus importantes. » Danielle Sancier évoque également « une séniorité marquée » dans la région avec des départs en retraite en hausse, représentant 15 % des sorties. Ces différents facteurs expliquent le taux de créations nettes inférieur à la moyenne française.

Un chômage désormais structurel

« Plus globalement, nous sommes désormais sur une tendance de fond dans le recrutement des cadres qui est désormais peu impacté par la conjoncture en dehors d’aléas trop importants. Le taux de chômage de la population cadre est structurel et tourne autour de 3,8 %. Ce pourcentage correspond à des personnes dont les compétences sont les plus éloignées par rapport aux besoins des entreprises« , poursuit Danielle Sancier. Qui relève que les profils de cadres de 5 à 10 ans d’expérience ont été les plus recherchés, mais que faute de réussir à trouver le profil idoine, les jeunes diplômés ont tiré leur épingle du jeu (19 % des embauches).

Au rang des perspectives cette fois, l’Apec prévoit entre 13.830 et 14.990 recrutements externes de cadres en 2019. Soit une hausse comprise entre +5 et + 14 % par rapport à 2018, selon que l’on retient la fourchette basse ou la plus optimiste. En termes de dynamisme (et pas de volume bien entendu), la Nouvelle-Aquitaine figure ainsi sur la plus haute marche du podium français. Elle battrait ainsi la région Auvergne Rhone-Alpes (entre +5 et +11 %) et l’Ile-de-France (entre +3 et +11 %). La moyenne française est comprise entre +2 et + 10 %. Danielle Sancier souligne que le dynamisme néo-aquitaine est en grande partie supporté par les départements de l’ex-Aquitaine, et tout spécialement la Gironde. Cette situation était moins marquée les années précédentes. En Corrèze et en Dordogne, les prévisions se sont nettement améliorées, relève aussi la déléguée régionale. En Gironde, 18 % des entreprises prévoient d’augmenter leur effectif cadres, contre 3 % qui pensent le réduire.

Les services au top, l’industrie se démarque

Les prévisions font état de 83 % de recrutements externes de cadres en 2019 opérés dans les secteurs des services et de l’industrie. Une industrie (20 % du total) particulièrement dynamique comparativement au 15% nationaux. Le commerce concentre 11 % des prévisions, le BTP 6 %.

Les fonctions commerce – marketing et études – R&D totalisent toutes les deux 19 % des embauches programmées, devant l’informatique (15 %) qui n’était pas si bien située auparavant mais qui est portée par le déploiement des systèmes d’information dans les entreprises, l’hébergement de données particulièrement dans la santé….

Dernier point notable, le niveau d’expérience : 26 % des embauches de cadres devraient concerner des profils bénéficiant de 1 à 5 ans d’expérience, des juniors donc, quasiment autant que les profils de 6 à 10 ans d’expérience (28 %). Signe de l’importance que prêtent désormais les entreprises aux cadres aux compétences numériques affirmées.

L’Apec Nouvelle-Aquitaine a accompagné 8.000 personnes en 2018. « La région reste l’une des plus attractives« , relève Danielle Sancier, qui distingue plusieurs catégories de « néo-aquitains » :

« Certains ont parfois les bonnes compétences recherchées par le tissu local de PME et PMI. Lorsque la mobilité géographique est liée à un véritable projet de vie, des adaptations se font naturellement » et les deux membres du couple s’en tirent bien. Mais « si les deux ambitionnent de rester sur la même dynamique, notamment vécue à Paris, ça coince. Certains repartent. La taille du tissu fait que l’évolution de l’emploi cadre, sur une zone géographique donnée, n’est pas toujours simple, particulièrement en dehors de la métropole. »

L’Apec poursuivra cette année ses Apec Connect, événements qui ont lieu deux à trois fois par an dans un cadre décontracté et qui favorisent les rencontres entre cadres et employeurs sans le formalisme de la lettre de motivation et du CV. « Ce qui prime, c’est l’entrée en relation, de pousser des rencontres qui n’auraient peut-être pas pu se faire dans un autre contexte« , résume Danielle Sancier. Karine Eychenne, représentant lasociété EV Box en forte croissance, a pu témoigner lors de la présentation de l’Apec du succès des Apec Connect, après avoir embauché deux profils par ce biais sur les 3 postes à pourvoir. L’Apec organisera également un salon du recrutement le 19 novembre à Bordeaux, au H14.