demain, les profils atypiques seront la norme


Unique(s), c’est le titre du nouvel ouvrage du cofondateur de Talentsoft. Destiné au grand public, ce livre s’appuie sur des références du cinéma et de la littérature pour imaginer notre future société apprenante. Autour du concept de singularité, il crée des ponts entre l’entreprise, les intelligences artificielles et les approches alternatives de l’éducation. Interview de son auteur Alexandre Pachulski.

Pourquoi la cote des profils atypiques est-elle vouée а remonter en entreprise ?

Face à l’évolution des technologies et à l’obsolescence des compétences, la plupart des problèmes auxquels l’entreprise est confrontée sont nouveaux. Quand on sait que la majorité des jobs en 2030 n’existent pas aujourd’hui, l’entreprise aura tout intérêt à recruter des profils atypiques car ils sont déjà entrainés à s’adapter à des situations nouvelles. Une personne avec un parcours atypique n’est jamais prête, mais elle sait comment développer ses compétences, où aller les chercher, etc. Aujourd’hui, ces profils ne sont pas reconnus ni appréciés des recruteurs. Demain, ils deviendront la norme car l’entreprise en aura cruellement besoin pour faire face au quotidien.

Qu’est-ce qu’un profil atypique ?

Cela n’a rien à voir avec le fait d’avoir fait ou non de grandes études. Du point de vue pragmatique, nous vivons dans un monde où les étudiants en informatique sont destinés à devenir informaticiens. Sitôt qu’un individu a le courage de sortir de son domaine d’expertise, guidé par son envie ou son inspiration, il se voit coller l’étiquette de profil atypique. Un ancien comptable qui candidate à un poste de monteur vidéo, par exemple. Ces profils sont de plus en plus nombreux, car ils cherchent une voie dans laquelle s’épanouir et pas forcément une carrière pour gagner de l’argent. Les questions de la quête de sens et du bien-être se font de plus en plus pressantes.
A quoi bon défendre la singularité humaine face à des machines surpuissantes ?

La majorité des gens sont déjà des robots. Quand un recruteur filtre des CV seulement en fonction du nombre d’années d’études et du niveau TOEIC, c’est un robot. A l’inverse, dès lors qu’il prend en compte la singularité des individus, il fait quelque chose que les robots ne sauront jamais faire : laisser parler la relation, les sentiments, voire même le feeling. C’est justement ce ressenti, qui fait la différence quand on veut embaucher quelqu’un.

Peut-être que les IA auront un jour une forme d’intuition car elles pourront détecter un pattern de comportements.  Mais dés lors que la singularité sera valorisée, la créativité et l’intuition seront bien plus que de simples patterns. Ce sera sans doute l’objet de mon prochain livre.

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