Nouvelle-Aquitaine : les cadres les plus recherchés à Bordeaux et alentours


Quelles sont les villes où il y a le plus d’emplois en Nouvelle-Aquitaine ?

Certes le marché de l’emploi y est particulièrement opaque. Mais pas pour les experts locaux qui suivent quotidiennement les opportunités du marché caché de l’emploi des cadres en Nouvelle Aquitaine. Voici leurs prévisions de recrutement 2019, métier par métier.Selon une récente étude de l’Apec, les entreprises de la région Nouvelle-Aquitaine prévoient de recruter entre 13 830 et 14 990 cadres en 2019. Soit entre 5 % et 14 % de recrutement cadre supplémentaire par rapport à 2018. La rédaction de Cadremploi a interrogé des experts de l’emploi en région pour détailler les besoins, grande fonction par grande fonction.

Informatique et digital : des secteurs sous tension, dopés par les géants du web

C’est l’un des secteurs qui recrutent le plus dans la région Nouvelle-Aquitaine et plus précisément à Bordeaux. « C’est un marché très tendu où développeurs et ingénieurs sont bien sûr les plus demandés, mais aussi tous les profils liés à la donnée comme les data ingénieurs », explique Julie Calmon, consultante senior chez Expectra, spécialisée sur le recrutement cadres à Bordeaux.
La concurrence est rude entre petites entreprises et géants du web pour attirer les candidats.

David Janvier, manager régional chez Hays confirme : « Dans l’IT, nos clients attendent beaucoup de nous, ils ont énormément de besoins, et en face, l’offre de compétences ne suit pas forcément, on manque parfois de personnel qualifié, certains sont de vraies denrées rares. »

« Certaines entreprises comme Cdiscount dont le siège social est à Bordeaux, n’hésite pas à prendre des jeunes diplômes dès la sortie de l’école, pour pouvoir les former sur des technologies complexes », explique Grégory Garcia-Bratti, directeur régional Grand Sud-Ouest chez Badenoch & Clark et Spring France. La demande est telle que des candidats reçoivent parfois des offres d’emploi alors qu’ils n’ont même pas encore été diplômés.

Qui recrute ? Parmi les géants présents, on peut citer Ubisoft, IBM, Infomania, Betclic, ou encore Deezer ou OVH qui ont choisi d’ouvrir une antenne à Bordeaux. Dans le secteur du e-commerce, l’incontournable Cdiscount et ManoMano (Bricolage). Sans oublier tout un réseau de start-ups et d’ETI toujours à la recherche de talents. A noter que la Cité numérique implantée à Bègles devrait créer 1500 emplois. Toutes les entreprises ne sont pas encore installées et d’autres devraient bientôt rejoindre la structure de 27 000 m2.

L’ingénieur très recherché grâce à de nombreux projets urbains

Bordeaux se dynamise notamment grâce à Bordeaux Euratlantique .« C’est un très gros chantier de projets urbains qui mobilise les cadres sur la partie bâtiment, explique Julie Calmon, d’Expectra. « Dans le cadre de ces projets, on recrute surtout des ingénieurs HSE/QSE , logistic ou supply chain », décrypte la consultante.

Autres postes en ingénierie : des ingénieurs en recherche et développement notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire ou de la santé avec des sociétés comme Sanofi ou Ceva santé animale à Libourne.Sans oublier le BTP avec des groupes tels que Fayat ou Cassous et les travaux pour la nouvelle ligne de tramway qui devrait être opérationnelle fin 2019.

Et l’aéronautique ? Si Bordeaux n’est pas Toulouse, cette industrie y est tout de même très présente avec par exemple ArianeGroup, Thalès, Dassault…  Mais Christelle Sorbé, manager chez Menway Talents ajoute un bémol : « Pour les profils expérimentés, souvent, les recrutements sont d’abord réalisés sur Paris, avec une mobilité prévue vers Bordeaux ensuite. »

De nouveaux besoins en  marketing et communication

C’est la nouveauté par rapport aux années précédentes, les entreprises créent des postes en communication/ marketing. « Traditionnellement, il y avait peu de recrutement sur ces fonctions, mais désormais les start-up et les PME en recherchent pour structurer leur offre », observe  l’experte du marché bordelais chez Expectra. Cela s’explique notamment par l’installation d’antennes de grande société parisienne, « qui poussent les sociétés déjà existantes à vouloir se développer ».

Grégory Garcia-Bratti est plus nuancé sur ces créations : « nous voyons passer seulement quelques offres dans ce domaine, commente-t-il. Mais il est vrai que les cabinets sont en général peu sollicités pour ce type de postes car les candidats ne manquent pas », analyse-t-il.

On recherche des cadres commerciaux

Comme partout en France, la région a de gros besoins de commerciaux. « On recherche des commerciaux mais aussi des responsables et des directeurs commerciaux, explique Grégory Garcia-Bratti. Et ce n’est pas facile de trouver un bon profil », ajoute-t-il.  On recrute aussi des profils plus junior comme des business developer « notamment pour les entreprises qui veulent se développer à l’international », observe Julie Calmon.

Les métiers de la finance en pénurie

Comme partout en France également, « les métiers financiers sont en tension », confirme Grégory Garcia-Bratti. C’est notamment « de plus en plus difficile de trouver un trésorier par exemple ». On recherche aussi des cadres en contrôle de gestion plutôt dans le secteur industriel.  « Il y a aussi une forte demande de gestionnaire de paye pour travailler au sein d’un cabinet spécialisé ou dans les services des ressources humaines d’une entreprise », signale le directeur régional.

Le middle cadre, le cadre préféré des entreprises de Nouvelle-Aquitaine

Le cadre le plus recherché, c’est le middle cadre qui a entre 3 et 7 ans d’expérience. « Les sociétés ont besoin d’un candidat avec une première expérience », confirme Julie Calmon. Mais les secteurs de l’IT et du digital font figure d’exception. « On embauche des jeunes diplômés pour pouvoir les formater ou les faire monter en compétence rapidement », analyse Grégory Garcia-Bratti. « On va recruter aussi des business developper ou des assistants marketing avec 1 an d’expérience analyse Julie Calmon. Ils auront un statut cadre mais un salaire moins élevé »,. Pour les cadres seniors, « c’est plutôt, le secteur industriel qui recherche des profils expérimentés avec un savoir-faire mais aussi un savoir-être », estime Grégory Garcia-Bratti.

Des salaires réévalués à la hausse grâce à la concurrence parisienne

Les salaires de la région augmentent depuis plusieurs années. Notamment à cause de l’arrivée des cadres parisiens mais aussi avec l’installation d’antennes de grandes entreprises qui proposent des grilles de salaires parisiennes. Le marché s’aligne, « même si les petites structures ne peuvent pas toutes forcément suivre », explique Julie Calmon.

Il y a aussi plus de concurrence entre cadres sur le marché bordelais. « Il y a cinq ans sur un poste de responsable financier, j’avais 10 profils de la région et 2 profil en mobilité, se rappelle Julie Calmon. Aujourd’hui, j’ai 1 profil région et 2 profils parisiens pour un poste, analyse-t-elle. Ces profils sont très intéressants car ils ont un très bon bagage ».

En 2018, Expectra, filiale du groupe Randstad a dressé dans un baromètre** des salaires, le top 5 des salaires sur la région Sud-Ouest  :

– contrôleur financier 48 700 €

– responsable contrôle de gestion 48 030 €

– responsable marketing 46 330 €

– responsable des études 45 810 €

– responsable de la communication 44 480 €

** Baromètre des salaires cadres 2018. Expectra étudie chaque année les salaires réels de plus de 77 000 fiches de paie représentant 133 qualifications dont 67 fonctions cadres et 66 fonctions ETAM (agents de maîtrise), sur les métiers de six grandes filières d’activité : l’informatique et les télécoms, le BTP et la construction, l’ingénierie et l’industrie, le commerce et le marketing, la comptabilité et la finance et, enfin, les RH, la paie et le juridique.